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BLU-RAY

LE GRENIER

Comment je choisis les films de mon catalogue (et pourquoi 30 titres, c'est déjà un début)

07/08/2026 à 10:43

Quand nous avons lancé Steeloseum il y a un mois, nous savions que la première question qui arriverait serait : « C'est tout ? Pas plus de choix ? »

La réponse est non. Et c'est volontaire.

Avant d'expliquer pourquoi, un rappel pour ceux qui ont lu notre article de bienvenue : Steeloseum se veut un « musée » où chaque support est une pièce à exposer. Un musée ne se remplit pas d'un coup — il se construit pièce par pièce, avec une intention derrière chaque acquisition.

Aujourd'hui, le catalogue compte une trentaine de titres, tous issus d'éditeurs et de grossistes français. Pas d'imports japonais, pas d'éditions américaines introuvables …. enfin... pas encore. Mais chaque référence qui figure dans la boutique a franchi un filtre. Et c'est de ce filtre dont nous voulions vous parler aujourd'hui.

Trois axes, une même exigence

Dès la conception du projet, nous avons défini trois axes de sélection. Ils ne sont pas fermés — ils évolueront au fil des partenariats et des arrivages — mais ils guident chaque décision : 

  1. Le steelbook / édition collector de grand studio. C'est la porte d'entrée. Un Blade Runner 2049 en steelbook 4K, un Superman en édition limitée Dolby Vision — ces titres parlent à tout le monde, du débutant au collectionneur chevronné. La marge est correcte, la demande existe, et le packaging justifie le prix.

  2. Le film d'exploitation, série B ou série Z. C'est là que le terrain devient intéressant. The Toxic Avenger, Cannibal Ferox, Zombie Lake — des titres que vous ne trouverez jamais sur Netflix, qui sortent chez des éditeurs courageux comme Bach Films ou Artus Films, et qui ont une communauté de fans prête à les chercher. La concurrence est quasi inexistante en France sur ce segment.

  3. Le mix des deux : le collector d'un film culte B. Un steelbook d'Evil Dead, une édition limitée de Plan 9 from Outer Space. C'est la catégorie qui nous passionne le plus, parce qu'elle combine la valeur perçue du collector avec l'âme du cinéma de genre.

Ces trois axes ne sont pas des cases fermées. Ils sont des boussoles.

Mes critères de sélection concrets

Quand un titre se présente — via le catalogue d'un éditeur, une proposition de grossiste, ou simplement parce que nous tombons dessus en fouinant — nous lui avons fais passer quatre tests.

1. Le packaging doit avoir une âme

Un steelbook générique sans artwork distinctif, juste un logo sur fond noir ? Nous passons. (Quoique si le logo sur fond noir a des jolis reliefs ….. hahaha) En revanche, un steelbook avec une illustration originale, un digipak avec livret explicatif, un mediabook avec jaquette illustrée — ça, ça retient notre attention. Le support physique ne sert à rien s'il n'apporte pas quelque chose que le streaming ne peut pas offrir. Et ce « quelque chose », c'est d'abord un objet qu'on a envie de regarder avant même de l'insérer dans le lecteur.

2. La rareté ou l'indisponibilité en streaming

Si un film est disponible partout, gratuitement, en quelques secondes, l'argument d'achat s'affaiblit. En revanche, si le titre est introuvable sur les plateformes françaises — ou pire, s'il en a été retiré — alors l'édition physique prend tout son sens. C'est particulièrement vrai pour les films d'exploitation, qui sont systématiquement ignorés par les algorithmes de recommandation.

3. La valeur technique du disque

Un master 4K correctement encodé avec un bitrate élevé, une piste sonore en DTS-HD Master Audio, un transfert supervisé par les ayants droit — ces détails techniques ne sont pas des gadgets de puristes. Ils sont la différence entre « voir » un film et le vivre. C'est pour ça que nous privilégions les éditions où l'éditeur a fait l'effort de la restauration, même pour des films modestes.

4. Le charme — même (surtout) si le film est « mauvais »

Ce critère ne s'applique évidemment pas à tous les titres, mais il est central pour la section exploitation. Un nanar (avec toute l’affection que nous avons pour ce genre) japonais merveilleusement nul, un film d'action hongkongais tourné avec trois francs six sous — ces films ont un charme que les blockbusters aseptisés ne retrouveront jamais. Les aimer, ce n'est pas baisser ses standards. C'est reconnaître que l'imperfection a sa propre esthétique. Et ça, c’est quasiment beau.

Le saviez-vous ? Certains Blu-ray d'exploitation sont tirés à seulement 500 voires 1000 exemplaires. Une fois épuisés, ils peuvent atteindre 5 à 10 fois leur prix initial sur le marché secondaire. C'est ce qu'on appelle le phénomène « Out of Print » — un sujet sur lequel je reviendrai bientôt dans un article dédié.

Pourquoi uniquement des éditeurs français pour le moment ?

C'est une question de timing, pas de volonté. Le lancement de la boutique s'est fait en priorité avec les partenaires français — ceux avec qui le dialogue a été le plus fluide, les délais les plus courts, et les conditions de réassort les plus souples. Travailler avec des éditeurs nationaux permet de :

  • Recevoir le stock rapidement (pas de délais douaniers)

  • Proposer des prix cohérents (pas de frais d'import gonflés)

  • Soutenir directement le tissu éditorial français (Carlotta, Artus, Bach, ESC, Rimini, Sidonis, Elephant…)

Les imports arrivent. Mais ils demanderont plus de temps — négociation avec des distributeurs étrangers, vérification des droits de re-distribution, gestion des coûts logistiques. Quand ils seront prêts, ce sera avec le même niveau d'exigence.

Ce que nous refusons

Pour être transparent, il y a des choses que vous ne verrez pas chez Steeloseum :

Des éditions génériques sans bonus ni packaging distinctif. Nous allons avoir une section sur des éditions simples mais elle sera minime et seulement si l'oeuvre n'a plus été réédité ou est rare. Si le seul intérêt du disque est d'être « le film en question », sans aucune valeur ajoutée physique, alors autant le louer en VOD. Notre rôle n'est pas d'être un relais Amazon.

La publicité chez les GAFAM. Steeloseum ne paiera pas pour apparaître dans les fils Google ou Facebook. La visibilité se construit via le contenu du blog, les réseaux sociaux alternatifs (Reddit, Pinterest, Discord, pourquoi pas Bluesky et Mastodon), les newsletters, et les partenariats avec des micro-influenceurs qui partagent vraiment la passion.

Le snobisme inversé. Nous pensons que le cinéma d'exploitation a sa place à côté des grands studios, pas contre eux. Oui, nous le pensons sincèrement. Un steelbook de Blade Runner 2049 et un DVD de Zombie Lake de Jean Rollin peuvent coexister sur la même étagère. C'est d'ailleurs ce qui fait le charme d'une collection éclectique.

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